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Tous les remèdes ne soignent pas toutes les maladies, la rénovation et ses solutions au cas par cas


Soucieux d’améliorer leur confort thermique, les propriétaires de maisons anciennes peuvent opter pour des solutions inadaptées qui ne révéleront leur toxicité qu’une fois les travaux terminés. L’application d’une enveloppe étanche autour d’un bâtiment n’a rien d’anodin. Les matériaux doivent être sélectionnés avec le plus grand soin afin de respecter l’équilibre hydrique de la bâtisse. À défaut, l’humidité emprisonnée dans les maçonneries aura tout le loisir de poursuivre son œuvre destructrice. Retour sur les erreurs les plus fréquentes, leurs conséquences et les bonnes pratiques pour une rénovation ciblée et durable.


Mauvaises pratiques : quand le remède nuit le bâtiment


L'erreur la plus courante consiste à appliquer des solutions standardisées sans considération pour le bâtiment et ses particularités. Si certaines pratiques ont le vent en poupe, leur utilisation systématique pose problème, notamment dans l’habitat ancien. C’est par exemple le cas du recours au polystyrène. Un isolant aux qualités indéniables dont la plupart des bâtiments récents se contenteront, mais qui devient problématique sur des constructions plus traditionnelles.


Prenons l’exemple d’un bâtiment en pierre construit avant les années 1970. Période durant laquelle la pose du arase étanche fait son entrée aux DTU (Document Technique Unifié applicable aux marchés de travaux du bâtiment) et se généralise dans les nouvelles constructions. Nous avons donc une habitation potentiellement exposée aux remontées par capillarité. L’eau présente dans les sols remonte à travers les maçonneries, avant d’être évacuée par l'évaporation. À cela s’ajoute, la vapeur d’eau accumulée au sein du logement qui, à la saison froide, va elle aussi migrer de l'intérieur vers l’extérieur à travers les parois perméables du bâtiment. Ces échanges de vapeur d’eau garantissent l’équilibre hydrique de l’habitation.


Mauvaises pratiques : dans ce contexte, la pose d’un isolant étanche de type polystyrène ou polyuréthane constituerait un obstacle au transfert de la vapeur d’eau qui risque de se condenser au sein de la paroi. Pour ces mêmes raisons, le recours à un enduit ciment pour protéger la façade des infiltrations d’eau extérieure est également à proscrire.


Conséquences : l’eau se retrouve piégée dans un environnement propice à la prolifération des moisissures et autres pathologies néfastes pour les bâtiments et ses occupants : salpêtre, mérules… Le coût de traitement dépasse alors largement celui d’une rénovation à partir de matériaux, potentiellement plus coûteux, mais adaptés aux réalités de la structure en place.



Déploiement de solution au cas par cas


En rénovation de parois existant, la prise en compte de la nature des matériaux est cruciale. Les solutions mises en place doivent notamment garantir le principe de perméabilité croissante de l'intérieur vers l'extérieur du bâtiment. Voici quelques exemples de préconisations pouvant diverger selon les caractéristiques de l'habitation.


Bâtiments construits entre 1948 et 1975


Cette période regroupe de nombreux logements construits à partir de béton armé ou de parpaings. Le plus souvent, une ventilation adaptée suffira à garantir la bonne gestion de l'humidité une fois l’enveloppe isolante renforcée.


Bonnes pratiques pour l’isolation de murs en béton armé


Isolation thermique par l’intérieur (ITI) :

  • choisir un isolant perméable à la vapeur d’eau et non putrescible de type laine minérale ou biosourcé ;

  • traiter les ponts thermiques avec une vigilance accrue en présence de planchers et poutres en bois. Il s'agit de s’assurer que le flux de vapeur passant par ces éléments ne se retrouve pas piégé dans le mur ;

  • protéger les murs de la pluie et favoriser leur séchage.


Isolation thermique par l’extérieur (ITE) :

  • tout type d’isolant est envisageable considérant la forte résistance du béton à la vapeur d’eau.


Bâtiments construits avant 1948


Des habitations généralement construites à partir de matériaux traditionnels en pierre, en terre cuite ou encore en pisé. La santé de ces bâtiments repose sur un équilibre hydrique fragile.


Bonnes pratiques pour l’ITI


Murs en pierres de type calcaires durs :

  • privilégier des isolants capillaires ouverts à la vapeur d’eau : laines minérales et isolants biosourcés ;

  • En présence d’un enduit extérieur continu au ciment, envisager son remplacement par un enduit à la chaux, lui aussi ouvert à la diffusion de la vapeur d’eau.


Murs en terre cuite :

  • privilégier, là aussi, les isolants capillaires ouverts à la vapeur d’eau ;

  • en présence d’une peinture de façade non perméable : pour éviter l'accumulation d’eau dans le mur, prévoir son remplacement par une peinture ouverte à la vapeur d’eau.


Bonnes pratiques pour l’ITE

  • choisir un isolant fibreux et un enduit perméable ;

  • proscrire les isolants très peu ouverts à la diffusion de la vapeur d’eau comme le polystyrène extrudé ou le polyuréthane.


Il s’agit de précaution d'ordre général. Un mur à pan de bois soulève, par exemple, d’autres points de vigilance. Et, comme nous l’avons vu, ce sont toutes les composantes du bâtiment qui doivent être étudiées. Ces comparaisons illustrent la nécessité d’un diagnostic ciblé et d’une approche globale de la rénovation. Pour cela, une seule solution : faire appel à un professionnel qualifié et expérimenté qui saura déceler les spécificités de fonctionnement d’un bâtiment par rapport à son environnement.


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