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Rénover l’ancien, des combles aux planchers


Rénover le bâti ancien demande un savoir-faire, des connaissances techniques et des

matériaux disponibles ! Un défi relevé avec passion par les artisans de la rénovation

écologique qui doivent se plier aux exigences de chacun de ces bâtiments, pensés et conçus

en adéquation avec leur environnement. 



Rénover des murs anciens


Les murs anciens sont le plus souvent construits à partir de matériaux abondants dans l'environnement proche de l'habitation, à l'image du granite en Bretagne. Les artisans de la rénovation écologique s'attachent à respecter ces particularités locales afin d’en conserver tous les avantages. Parmi eux, l’inertie des murs qui permet de retarder la diffusion de la chaleur extérieure en été. Autre propriété, le caractère respirant des structures traditionnelles. À conserver, sous peine de déclencher des désordres liés à la mauvaise gestion de l’humidité.


Habiter une maison ancienne, c’est aussi faire avec cette sensation glaçante causée par les parois froides en hiver. Un inconfort autrefois contourné à l’aide de tentures ou de lambris. Des esthétiques ancrées dans leur temps, qui sont aujourd’hui loin de faire l’unanimité. Pour atténuer l’effet parois froides et respecter le bâti ancien, l’application d’un enduit intérieur chaux-chanvre s'avère aussi adapté qu’un enduit plâtre. Par l’intérieur, une isolation thermique plus poussée sera réalisée exclusivement à partir de matériaux perméables à la vapeur d’eau. Même conditions pour le parement intérieur.


Ceux qui souhaitent conserver la totalité de leur espace habitable pourront opter pour une isolation des murs par l’extérieur. À réaliser, soit avec un enduit extérieur isolant et perméable : chaux-chanvre, paille-terre… Soit par l'ajout de panneaux isolants, toujours perméables à la vapeur d’eau et protégés par un bardage ventilé ou un enduit adapté.


Quelques précautions à prendre avant d'entamer ces travaux :


Compte tenu de leur ancienneté, les murs doivent faire l’objet d’un diagnostic afin de révéler d'éventuelles pathologies à traiter avant de commencer les travaux. Les désordres peuvent provenir de défauts de construction, d'entretien, mais aussi du mouvement des sols ou encore de traitements précédents inadaptés comprenant, par exemple, la pose d'éléments hydrofuges.



Points de vigilance sur les planchers anciens

Comme les murs verticaux, les planchers jouent un rôle clé dans la gestion thermique et hydrique du bâtiment. En construction ancienne, les planchers reposant sur le sol, dit « sur terre-plein », participent eux aussi à l'inertie thermique du bâtiment. Revers de la médaille, comme les murs, ces planchers deviennent rapidement une source d'inconfort en hiver. Pour y remédier, il est possible de réaliser un nouveau plancher apte à maîtriser les remontées capillaires, sans toutefois affecter les murs périphériques ! Si le plancher est trop étanche, l’eau, ne pouvant s'évaporer sur sa surface, va se concentrer au niveau des murs et compromettre leur durabilité. La solution réside avant tout dans le choix des matériaux, avec, par exemple, une dalle en chaux hydraulique naturelle et sable, des panneaux isolants en liège, laine de bois, ou encore le liège et la chènevotte pour les isolants en vrac.


Planchers bas sur espaces non chauffés


Ici, les résultats en termes de confort seront en grande partie garantis par la continuité de la pose. Les bénéfices durables pour le bâtiment, reposent quant à eux sur l'adéquation des matériaux sélectionnés : mortier de chaux, billes d’argile expansées, plâtres bois… Attention toutefois, pas question de confiner l’espace non chauffé qui doit rester correctement ventilé.


Planchers intermédiaires


Loin d’être incontournable, l'isolation des planchers intermédiaires se justifie en cas d’écarts de températures importants entre les deux niveaux. Le recours à des matériaux comme le liège, le feutre, la laine de bois limiteront les vibrations sonores tout en offrant un poids réduit : la combinaison idéale pour rénover un plancher ancien.



Rénover les combles en préservant la charpente

À l'origine les combles n’avaient pas vocation à être habitables, mais devaient protéger les espaces de vie du contact direct avec l’air extérieur. Ce lieu servait le plus souvent au stockage des réserves et notamment des graines, d’où le nom de grenier. Une zone « tampon », naturellement ventilée, assurant la pérennité de la charpente. Après rénovation, il est donc indispensable de garantir la circulation de l’air et la perspirance des éléments utilisés dans cet espace si particulier. Les matériaux biosourcés, comme la laine de bois, remplissent aisément ces exigences. À l’inverse, le confinement de la charpente par l’application d’isolants minces est à prohiber.


Sur des combles non habitables, il est préférable d'installer une couche d’isolant respirant en conservant la dalle existante. Idéalement, une structure de lambourdage en bois, permettra d'accueillir un parquet afin que les combles soient praticables en cas de besoin (entretien, entreposage…).


Si les combles sont devenus habitables, l’isolation thermique des rampants de toiture s’impose. Le défi consiste à isoler sans compromettre l’aération de la charpente en bois, sensible à l’humidité. Pour cela, l’étanchéité de la toiture doit être vérifiée, voire renforcée à l’aide d’un pare-pluie respirant. L’isolant intérieur est posé en veillant à conserver un espacement en sous face pour assurer la ventilation.


Pour chaque geste de rénovation envisagé, le professionnel mesure et anticipe les conséquences à long terme. La bonne combinaison est celle qui améliore le confort des occupants et augmente la résilience du bâtiment afin qu’il puisse continuer à traverser les siècles.