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De l'humidité dans mon logement, quelles en sont les raisons ?


Moisissures, auréoles, condensation... Derrière les signes apparents de l’excès d'humidité sommeille un fléau qui menace la santé des occupants et celle du bâtiment. Son origine peut être accidentelle : désordre au niveau de la toiture ou fissurations de façades conduisant à l'infiltration des eaux de pluie depuis l’extérieur. Moins évidentes à première vue, les causes structurelles n’en sont pas moins néfastes : défaut d'isolation, manque de ventilation, humidité ascensionnelle… Voici comment les repérer pour un traitement ciblé !


Fenêtres embuées et parois humides en hiver : l’origine du phénomène


L’eau, sous forme de vapeur, fait partie des composés de l’air ambiant. Lorsque la quantité de vapeur atteint sa limite supérieure, ou humidité absolue de saturation, elle est évacuée sous forme d’eau : c’est la condensation. L’air froid admet moins d’eau que l’air chaud. Ainsi, quand l’air humide se refroidit, son humidité relative augmente et l’humidité absolue de saturation diminue. Une fois le point de saturation atteint, l’eau en excès est évacuée. Le contact de l’air intérieur chauffé avec une paroi froide entraîne ainsi un phénomène de condensation, particulièrement visible sur les surfaces vitrées, métalliques, ou les miroirs.

Les défauts d'isolation et la mauvaise gestion de l’humidité à l'intérieur du logement accentuent les effets de ce mécanisme naturel. En hiver, la sensation de froid envahit les pièces les plus exposées, et l’air humide devient plus difficile à chauffer.


Présence de ponts thermiques


Les ponts thermiques correspondent à des zones où le froid extérieur est plus facilement transmis vers l’intérieur. Ils se trouvent le plus souvent aux jonctions :

  • toiture - murs ;

  • murs - menuiseries des fenêtres ;

  • planchers - murs ;

  • ou encore aux niveaux des montants des ossatures et des points de fixation…

Cette discontinuité d’isolation crée des milieux où l'humidité relative est particulièrement élevée. La solution passe par le renforcement de l'isolation, mais ne doit pas faire l'impasse sur la question de la ventilation !


Renouvellement de l’air insuffisant


Les besoins en renouvellement de l’air évoluent selon l’usage du bâtiment. Dans l'habitat, la simple présence des occupants et leurs activités quotidiennes génèrent une quantité importante de vapeur d’eau :

  • le métabolisme adulte : à raison de 40 à 60 grammes par heure ;

  • les activités de cuisine et de vaisselle : environ 1,5 kg par jour ;

  • le séchage du linge : 200 g/h pendant 5 heures ;

  • le lavage des sols : autour de 500 grammes par lavage ;

  • une douche : 300 à 500 grammes ;

  • un bain : 500 à 700 grammes*.

Un logement correctement ventilé doit pouvoir évacuer ces excès d'humidité. Différentes solutions sont envisageables : ventilation mécanique contrôlée (VMC) simple flux, double flux, hygroréglables ou encore la ventilation centralisée par insufflation. Les systèmes de ventilation hygroréglables présentent l’avantage de moduler les débits d’air en fonction de l’humidité relative de la pièce, et ce, afin d’éviter les pertes inutiles de chaleur à la saison froide.


Humidité ascensionnelle : l’eau des sols s’invite dans vos intérieurs



L’eau présente dans les sols remonte naturellement à travers les murs construits en matériaux capillaires : briques, pierres, pisé… Les enduits servent également de support à cette ascension qui s’achève lorsque l’humidité est suffisamment dispersée vers le haut. En 1961, une prescription technique impose une coupure de capillarité dans les nouvelles constructions sujettes au phénomène. Il s’agit d'assurer une barrière étanche entre le sol et la maçonnerie. Cela passe, par exemple, par la pose d’une arase bitumeuse. Les habitations construites avant les années 1960 sont ainsi particulièrement exposées aux remontées capillaires pouvant entraîner la prolifération des champignons, la formation de cloques, la dégradation des enduits, le décollement du papier peint… Autant de signes manifestes de la mauvaise santé du bâtiment.

Dans ces conditions, la construction soumise au délabrement progressif des matériaux se dirige dangereusement vers l’insalubrité. Agir dès les premiers signes permet d’éviter de lourds chantiers de réparation. Mais céder à la précipitation sans considération pour la structure en place pourrait aggraver la situation ! Le choix des matériaux de rénovation n’est pas anodin et leur nature, notamment leur propriété respirante, doit pouvoir accompagner la bonne gestion de l’eau à travers le bâtiment. Un professionnel qualifié saura poser le bon diagnostic et appliquer des solutions durables adaptées aux spécificités de l'habitation.


*Source : Ademe. Ventilation : indispensable pour un logement confortable et sain. Mai 2019.



Corinne Garnier